Observatoire De l'Environnement Sonore de l'Aéroport de Lyon Saint Exupéry
  
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TROUBLES GÉNÉRAUX DU SOMMEIL

-Noise-and-heart-diseases-european-commission (janvier2006) pdf.gif

 
 
 
 
AVERTISSEMENT : Le lecteur peut aller directement aux pages 75-83 consacrées aux "Effets physiologiques extra-auditifs du bruit et impact sanitaires"
 

L’usage des critères de santé pour la réglementation du bruit de l’environnement pdf.gif

Chantal Laroche, Michel Vallet, Dominique Aubrée
 
 

Articles présentés au Congres Internoise 2014 Australie

"Les articles complets peuvent être consultés dans la partie Anglais du site"

Partie II : Les effets du bruit sur la population et ses aspects économiques

32-Les symptômes physiques non spécifiques chez les personnes sensibles au bruit : C Baliatsis, I van Kamp et al, Pays-Bas

Il y a peu d’évidence épidémiologique de l’existence d’un profil spécifique et des troubles associés de personnes présentant une sensibilité élevée. Une telle étude épidémiologique a été conduite aux Pays-Bas, avec des questionnaires auto administrés et des enregistrements de Troubles physiques non spécifiques réalisés par des médecins généralistes. L »échantillon comprend 5933 personnes sélectionnées selon 21 critères issus de la base de données générales de soins des Pays-Bas.722 personnes ( 12,5%) assurent être sensible au bruit. Comparé au reste de l’échantillon, ce groupe sensible au bruit rapporte de façon significativement plus élevé des troubles non-spécifiques , en nombre et en durée, des ennuis fonctionnels et des situations de maladies. Il y a aussi davantage de Troubles non spécifiques dans les relevés effectués par les médecins. Cette tendance demeure après ajustement des résultats selon les facteurs démographiques et les enregistrements des médecins. La sensibilité au bruit est fortement associée a la sensibilité a d’autres facteurs, comme les substances chimiques, les odeurs et les champs électromagnétiques. Les personnes qui présentent une forte sensibilité aux bruit ont des caractéristiques identiques que celles qui ont des sensibilités marquées a d’autres sources.

Ces résultats renforcent la notion que différents types de sensibilités partagent une même base ( psycho) physiologique

Ce type de sensibilité , qu’on appellera psychosomatique, est différente de celle de l’audition, qui n’est pas testée ici ; au sein d’une population , l’acuité auditive peut varier de 20 décibels d’une personne à l’autre.

106-L’impact comparé du bruit des avions militaires et civils sur la gêne : Gelderblom F, Gjestland T, SINTEF, Norvège

Partant du constat que les bruits liés aux avions militaires et civils sont différents, par leur niveaux, et par leur fréquence, plus dense en période d’entrainement, les auteurs estiment que ces différences ne sont pas prises en compte par les indicateurs acoustiques habituellement employés pour gérer les impacts du bruit sur la population Une enquete sur les attitudes vis-à-vis du bruit a été menée par téléphone autour des aéroports des villes de Trondheim ( trafic d’avions civils prédominant) et de Bodo ( trafic mixte civil et militaire. L’étude n’est pas focalisée sur les facteurs démographiques qui peuvent influencer l’expression de la gêne, mais bien sur les attitudes vis-à-vis des aspects acoustiques et opérationnels..Ce travail est une partie d’un programme plus vaste qui cherche a expliquer pourquoi les liens dose de bruit-réponses des population diffèrent d’une communauté a l’autre. Les résultats font apparaître que le bruit mixte( civil + militaire ) est mieux supporté par la population, avec un écart ( considérable ) de 8,1 dB en Ldn La gêne forte commence à 60dB à Trondheim, et a 65 autour de Bodo ; beaucoup de questions restent sans réponses pour environ 60% de la population, ( sur le rôle du type d’avion, du moment de la journée, du rôle de la saison).

Cet article mérite une attention certaine, même si le mode de vie en Norvège , y compris les qualités de construction des logements est différent de celui des pays européens plus au sud, et même si l’appartenance à une catégorie socio professionnelle n’est pas prise en compte, comme le fait d’être un personnel de l’armée et concerné favorablement par le trafic des avions militaires

261-Comparaison des effets psychologiques du bruit des avions civils et militaires : Morinaga M et al , Japon

Il est admis que les réactions de la population au bruit des avions militaires est supérieure a celles liées aux avions civils, au vu des études antérieures. Dans l’étude présentée ici, une comparaison des participants est effectuée, sans que ceux-ci ne connaissent l’origine du bruit , civile ou militaire. Les différents bruits ont été enregistrés en situation réelle et rejoués en laboratoire sur un petit échantillon de 25 personnes ( 19-59 ans, 7 femmes , 18 hommes) Il est observé que il n’y a pas de différence entre le bruit perçu et aussi pour la gêne exprimée, entre les deux catégories de bruit, lorsque les niveaux Lmax d’un seul bruit , en dBA sont identiques. Cela suggère que les participants ne distinguent pas les deux types de bruit, civil et militaire. Ces résultats impliquent que la surestimation du bruit d’origine militaire est liée non seulement aux propriétés acoustiques des signatures sonores des avions militaires, en général plus élevé que les autres, mais aussi aux facteurs non acoustiques comme les attitudes vis-à-vis du bruit des avions militaires

On suivra si cette expérimentation simple connaît une suite , introduisant par exemple la connaissance par les sujets participant a l’expérience , de l’origine du bruit, qui permettrait d’évaluer le poids des attitudes vis-à-vis de la source

355-Monétarisation du bruit des avions à Bangkok : Cheramakara M, Bristow et al Loughborough Université, Grande-Bretagne

Le bruit des avions et autres « externalités » environnementales ( couts indirects) prennent de l’importance a l’aéroport de Bangkok , Thailande, ouvert en 2006. Les riverains protestent contre le bruit et la pollution autour de l’aéroport. Cette étude emploie une méthode de volonté de payer pour réduire le bruit et la pollution. La nouveauté de cette étude est d’explorer la valeur monétaire des nuisances , non seulement auprès de ceux qui la subissent , mais aussi de ceux qui participent , partiellement à leur existence, c a d les passagers. Cette étude s’insère dans une enquête plus vaste, avec des questionnaires et des mesures de bruit et de pollution . On propose aux 206 personnes riveraines et aux 400 passagers interrogés des questions sur le pourcentage de réduction du bruit ( 25% en plus, ou en moins, 50%, ou égal) et sur les variations souhaitées du degré de pollution, dont les choix sont évalués par l’acceptation de payer plus leur ticket d’avion, ou moins ou également. Comme on pouvait le prévoir les résidents et les passagers ont des priorités différentes en matière de nuisances de l’aviation. Les résidents sont prêts a payer 105USD par an pour réduire le bruit de moitié, contre 71USD pour les passagers. En matière de pollution de l’air les passagers seraient d’accord pour payer 151USD par an pour diviser la pollution de l’air liée aux avions, contre 87 pour les riverains. Les mêmes passagers sont prêts a payer 42 USD par an pour compenser les émissions carbonées des avions. L’étude trouve surtout que la croissance du trafic de cet aéroport a été sous-estimée sérieusement, et qu’il y a un besoin urgent de travailler sur une amélioration de la situation.

La méthode pour évaluer les sommes que les riverains sont prêt a payer pour avoir moins de bruit n’est pas très claire ; dans une autre étude il est demandé combien les résidents paieraient pour avoir un avion en moins, et ainsi de suite.

508- La sensibilité au bruit modifie la discrimination corticale des changements des sons ; Heinonen-Guzejev et al, Université d’Helsinki, Finlande

La sensibilité au bruit est en relation avec les états physiologiques et psychologiques de chaque personne, et augmente le degré de réactivité au bruit. Il existe peu de travaux sur les mécanismes neuronaux qui sous-tendent la sensibilité au bruit. L’auteur présente la « négativité disjointe « comme une composante des potentiels évoqués en réponse au bruit, généré par le lobe supra temporal du cerveau, qui peut être évalué par la discrimination d’un changement dans certains aspects répétitifs de la stimulation auditive.

L’expérience est réalisée sur 61 sujets sains, de 19 à 46 ans ; la réactivité est appréciée a travers la « négativité » en réponse à des changements de timbre dans des morceaux de musique présentés en séquences, la sensibilité étant évaluée par une série de questions ( questionnaire de Weinstein), ce qui permet d’étudier comment la discrimination de changements de timbre dans les sons présentés est associée à la sensibilité. Les résultats montrent que la sensibilité au bruit, qui est considéré comme un trait stable de personnalité, a une influence sur la perception des changements de timbre du bruit, une faible réactivité étant associée a un haut degré de sensibilité.

Le sens de la causalité n’apparaît pas évident dans les conclusions, qui de plus sont contre intuitives : on s’attendrait à ce que une forte sensibilité au bruit soit liée à une forte réactivité au changement de timbre des sons. ( cf potentiel évoqué auditif dans Wikipédia par exemple )

580 La valeur monétaire du bruit des avions, en Grande Bretagne : Sanchez D, Berry B, Knowles A, Grande Bretagne

La quantification des effets du bruit des avions sur la santé et le bien-être et leur valeur monétaire associée a pris de l’importance dans les études de bruit, avec des implications au niveau de l’élaboration des règlementations, ainsi que dans les budgets consacrés a la lutte contre le bruit. Des études sérieuses ont déjà été conduites dans ce domaine. Bien que ces études aient enrichis le degré et la complexité du sujet, certains doutes subsistent et empêchent de prendre des décisions de contrôle du bruit, aux niveaux macro et micro. Cet article, qui fait partie d’une série , vise à mieux comprendre et a communiquer a propos de l’exposition et des impacts du bruit de l’aviation, puis a développer une grille équilibrée des critères de décision, au profit des décideurs. D’une façon plus précise cet article vise a analyser les méthodes d’évaluation du cout monétaire du bruit, et leur application au problème des règlementations en Grande Bretagne. Il montre en particulier les changements survenus , parmi la population des 5 aéroports londoniens depuis 5 ans, pour la gêne et les effets sur la santé. Le papier recommande une série de méthodes et de démarches pour les efforts de « monétisation » du bruît des avions et des ses effets. Il en ressort au final que les valeurs monétaires ne doivent être utilisées que comme un indicateur , pour comprendre les évolutions , plus que de servir d’un indice pour quantifier les effets de façon absolue.

En 2012 le gouvernement a établi une commission indépendante pour examiner la possibilité d’accroitre le trafic a Londres, par la construction d’une nouvelle piste ; fin 2013 , 3 options ont été retenues, dont deux a Heathrow, et une a Gatwick. La commission a ensuite été chargée d’estimer le cout des nuisances de ces 3 options, a comparer avec les bénéfices d’une nouvelle piste., par l’évaluation des couts engendrés par le bruit sur la gêne, la perturbation du sommeil et les troubles cardiovasculaires. Après cette étape la commission a retenu les limites de la méthode proposée, notamment en ce qui concerne les « prix hédoniques » ou consentement a payer. Cette même commission a proposé de suivre les indications de dernier rapport de l’OMS, en terme de DALY ( années passées en état de maladie) : les auteurs concluent que le cout du bruit des avions , estimé par les troubles cardiovasculaires, la perturbation du sommeil et la gêne des riverains s’établit entre 4 et 17% du cout négatif total du bruit des avions en Grande Bretagne, sans que puisse etre donnée une estimation du cout propre aux aéroports de Londres.

Article très intéressant, qui mérite une lecture complète ; une traduction de l’article entier est envisagée , ainsi que sa publication dans le site web de ODESA. On note toutefois que l’impact possible du bruit sur le cout des logements n’est pas pris en compte, alors que , en France, J Lambert et d’autres chercheurs ont effectué des travaux prometteurs.

712 : 4 Etudes électro-physiologiques de la sensibilité au bruit : D.Sheperd et al , Auckland, Nouvelle Zélande

La sensibilité au bruit est présente chez beaucoup de personnes ; on considère qu’elle touche 20% de la population, bien qu’on ne connaisse pas quels mécanismes physiologiques la sous tend. Ce papier présente les résultats de 4 études électro-physiologiques , conçues pour établir ce qui différencie les populations sensibles des populations résistantes. La sensibilité au bruit est estimée par une auto-évaluation , tandis que les mesures incluent 2 paramètres électro-physiologiques ( rythme cardiaque et sa variabilité, et deux paramètres électro-encéphalographiques ( potentiels évoqués et persistance des ondes alpha) . Ces études font référence aux cadres théoriques existants. Bien que les résultats des 4 études ne permettent pas de conclure de façon certaine, les auteurs considèrent que l’investigation par les grandeurs électro-encéphalographiques de la sensibilité au bruit sont prometteuses et méritent d’être développées. La sensibilité au bruit est mieux distinguée durant le sommeil ; il apparaît aussi que des personnes présentant divers symptômes psychiatriques se défendent beaucoup moins bien contre l’entrée de la stimulation sonore.

La bibliographie spécifique montre que les auteurs sont bien au fait des recherches ; on sera cependant prudent quant à l’interprétation des résultats.

913 : Les facteurs associés à la sensibilité au bruit dans la population Anglaise : C. Clark, S Stansfeld et al, Londres , Grande Bretagne.

Cet article explore si certains sous-groupes de la population Anglaise ont une sensibilité au bruit , plus ou moins forte ; il utilise les résultats de l’enquête nationale de 2012, sur les attitudes vis-à-vis du bruit (NNAS) . c’est une enquête sociale par questionnaires , auprès de 2747 personnes, qui a mesuré les attitudes vis-à-vis du bruit de l’environnement. Des informations relatives à une série de variables socio démographiques, géographiques et caractéristiques du logement ont été collectées. Les répondants ont aussi exprimé leur degré de sensibilité au bruit sur une échelle en 7 points., allant de pas du tout sensible, à très sensible au bruit. Un codage linéaire et des régressions multiples ont permis des analyses multi variables d’association avec la sensibilité au bruit, selon plusieurs modèles. La médiane des notes de sensibilité s’établit au niveau 4 ( sur 7). Globalement la sensibilité est davantage associée aux facteurs socio démographiques que avec les données géographiques et les aspects du logement. L’âge , le sexe, la statut d’occupation du logement, la présence d’enfants, la classe sociale, le statut d’emploi, et l’évaluation par l’enquêteur de la qualité de l’audition du répondant, ont une influence sur la sensibilité au bruit, après ajustement des facteurs géographiques et du logement. Ces résultats suggèrent que certains sous groupes de population, en Grande Bretagne peuvent avoir une sensibilité plus ou moins forte que la moyenne des Britanniques. L’implication possible de cette observation dans la réglementation du bruit , doit être discutée. Les jeunes adultes ( 16-24 ans) sont moins sensibles que le groupe 45-75 ans. Les femmes anglaises sont plus sensibles que les males britanniques. La présence d’enfants ( moins de 17 ans) est associée a une sensibilité plus faible ; la classe sociale A ( cadres, plus élevée) est plus sensible, tout comme les personnes exerçants leur métier à temps complet. Une mauvaise audition est associée à une plus grande sensibilité. Quelques aspects liés au logement ont une faible influence sur la sensibilité, les facteurs géographiques aucune.

Certaines conclusions sont assez proches de celles observées en France ( Lambert et al) avec un poids assez fort Une différence est notable qui concerne les caractéristiques du logement, plus importantes en France qu’ au Royaume Uni


Date de création : 19/05/2009 - 20:15
Dernière modification : 08/03/2017 - 18:49
Catégorie : Domaines - Effets du bruit sur les personnes-ICBEN
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